La flamme du mercenariat: Je méditais longuement sur les paroles de mon maître, et je décidais de rester extérieur au conflit, et de me consacrer à la mission que Xelor avait confié à Tiamat: "Retrouver les Dofus". De retour à Astrub, j'exerçais mon métier avec ardeur, fabriquant humblement des potions ou des infusions. Je voyageais pour cueillir des fleurs et m'entrainer au combat, profitant de mes kamas durement gagnés pour m'offrir une splendide panoplie de bouftou. Je menais une vie paisible, sans pour autant parvenir à savoir où trouver les Dofus, objets de la mission de mon maître; mais un changement s'annonçait. Alors que je passais par le zaap d'Astrub, je vis un singulier personnage au milieu de la foule. Ni ange, ni démon, il arborait de grandes ailes de bois, et une tenue qui m'était inconnue. J'avais devant les yeux le sériane du nom de Snake, qui, à son insue, venait d'allumer en moi, le feu qui anime les mercenaires. Jugeant que la moindre des choses avant de prétendre à une quelconque candidature, fut de se renseigner, je lu moultes ouvrages concernant le clan de Seriane-Kerm. Un soir, je me jetais à l'eau. J'entrais dans la maison du clan, et j'attendais. Discutant, riant, (buvant aussi un peu), l'heure tourna, et quatre heures passèrent en l'agréable compagnie de gens de tous les horizons. L'heure tardive m'encouragea à prendre du repos. Pourtant, la nuit fut courte et agité. Après cinq heures de sommeil, je renouvelais ma tentative. Je retrouvais l'ambiance de la veille, jusqu'à l'entrée de la grande Seriane Caitness dans la salle. Un fait curieux se produisit: tels des aiguilles sur un cadran, tous les aventuriers présents dans la salle commencèrent à tourner sans relâche autour de la Grande Seriane. Trop timide, et trouvant cette attitude inconvenante, j'entrepris la fabrication d'une potion à partir de l'eau du poëlle. Soudain, une voix résonna dans ma tête:
"- Lagotar ? Tu es ici pour un contrat, ou pour repos ?
- Euh... Disons pour le repos...
- Ce ne serait pas plutôt pour un entretien ?
- Euh... A vrai dire... OUI !!!
- Bien... Rejoins-moi à la bibliothèque d'Amakna dans cinq minutes, et tu l'auras."
Caitness quitta la maison. Je restais figé un instant, avant de renverser l'eau bouillante sur mes pauvres mains; et étouffant un cri, je m'élançais à la suite de la Grande Seriane. L'entretien dura trente longues minutes... Je ne révèlerais pas les questions qui me furent posées, mais à la fin de l'épreuve, j'arborais fièrement une paire de petites ailes en bois; consacrant par-là même, ma volonté d'être neutre face aux évènements de ce monde. Par Xelor, c'que j'étais fier !! Je suis retourné voir mon maître, non sans emmener un important stock de Bworks. Il me félicita, tant pour la voie que j'avais choisi, que pour le festin qui s'annonçait.
Silver, un ami qui a du mordant: Les jours et les semaines passèrent. Ma connaissance des plantes s'était accrue, et je décidais de retourner au cimetière d'Amakna, pour constituer un stock d'Orchidées. Une fois de plus, escorté par mon ami au grand coeur et au cerveau lent, je rejoignais ce lieu sinistre où le sommeil des morts semble aussi durable que le stock de bandelettes d'un Xelor chasseur de boos (bon, en clair, c'est vraiment pas longtemps...). Tandis qu'il masssacrait les cruels chafers, et les Ribs hargneux, je m'occupais d'une mission perilleuse: cueillir des fleurs !! Mais alors que je remplissais avec un courage et une détermination sans faille, ma mission; je ressenti la vive douleur de la morsure d'un Rib. Yop-Lait, aux prises avec deux adversaires plus morts que vivants, me hurlait de fuir, mais ma jambe me faisait souffrir, et je parvenais difficilement à me tenir debout. Mais alors, le chien mort-vivant eût une autre cible: Une petite boule de poils avait entrepris de s'attaquer à la patte arrière gauche de la bête qui fit volte-face, pour infliger un coup de dent monstrueux à ce qui était un bébé Minotorror. Saisis de pitié pour la petite créature, je bondis (avec ma jambe en vrac) pour protèger de mon corps le Minimino. La machoire m'enserra les côtes, et je me retrouvais soudain au zaap d'Astrub, avec dans mes bras, la petite boule de poils qui avait perdu connaissance. Grâce à quelques décoctions à base d'orchidées, de menthe, de trèfles à cinq feuille, et de blanc d'oeuf de tofu (pour le goût), la petite créature fut sur pattes, et se prit d'affection pour moi (comme le prouvent les marques de crocs qui ornent ma main droite). Après plusieures tentatives infructueuses, pour nommer le Minimino (qui a cette curieuse habitude de me filer un coup de dents quand un nom lui déplaît), nous décidâmes que son nom serait: "Silver", ce qui, en l'un des nombreux dialectes du Xelor ancien, signifie "Argent", en l'honneur de Tiamat.
L'Ordre du Dragon d'argent: Désormais accompagné de Silver, qui me manifestait son affection par de généreuses morsures, je décidais de me consacrer à la mission divine de mon Maître: "Retrouver les Dofus avec l'aide d'aventuriers ayant reçu le pouvoir de Tiamat". Au fil de mes voyages, j'avais déjà rencontré de nombreux aventuriers de valeur, mais il me fallait les unir autour de Tiamat, et pour cela comment faire ? C'est à ce moment que l'idée de l'Ordre naquit. Je vous renvois à mon livre concernant la naissance de l'ordre pour plus de détails. (Rendez-vous pour cela dans
la bibliothèque draconique)
Le fait est qu'au bout de longues errances, j'arborais fièrement le blason de l'Ordre du Dragon d'Argent, que déjà, je m'ammusais à surnommer "LODDDA" (avec trois "d").
L'éplucheur de patates: Le temps passa, et la vie suivait son cours. Une vie rythmée par les combats, les soirées à la taverne, les quêtes de Seriane néophyte, et les morsures de Silver. Avec le temps, je commençais à rencontrer des gens de valeur, et à forger des liens de confiance avec d'autres aventuriers. Parcourant la contrée d'Amakna, et visitant les deux cités ennemies qui ne représentaient rien de plus pour moi, qu'Astrub ou Pandala. Alors que je parcourais les ruelles de Bonta, à une heure plus que tardive; je croisais par hasard un vieil Enutrof (ça fait un peu pléonasme...), à moitié ivre, une bouteille de rhum fourbe à la main. Il gisait dans une flaque d'eau, dans une ruelle du quartier des tailleurs. Je m'approchais pour voir s'il était tout à fait mort, ou seulement à moitié, quand il sursauta, et s'écria:
"- Eh, là !! Qu'est-ce qu'tu comptais faire au vieux Fannon, matelot ?!
- Moi ?! Mais rien, je me demandais si vous alliez bien.
- Si j'vais bien ?! T'as vu c'te bouteille ?! Elle est vide !! Et tu m'demandes si ça va bien ?!
- Arf... Bien, peut-être devriez-vous boire de l'eau...
- De l'eau ?! Tu veux ma mort, mousaillon !! L'eau, on navigue dessus, on la bois pas !! Foi de marin !!
- Ah !? Vous êtes marin ?
- Euh... J'épluchais des patates sur un navire pendant toute ma jeunesse, mais...
- MMmmm... Je vois... Un vrai loup de mer...
- Eeeh !! Essais un peu d'peler des patates pendant cinquante ans sur un bateau, et on en r'parlera..."
Jugeant que "le vieux Fannon" allait survivre, je tournais les talons...
"- Hep !! Tu vas où, matelot ?!
- Je ne sais pas... Là où le temps me conduira...
- T'aurais pas un p'tit rhum fourbe pour un vieux loup de mer ?"
Je poussais un soupir, et je sortis de sous ma cape de prespic (Et oui... L'alchimie, ça rapporte.), une bouteille de rhum qui m'avait été donnée par un ecaflip dans une taverne, une semaine auparavant. Vu qu'elle ne m'était d'aucune utilité (je ne bois que de l'absinthe, le reste, c'est fade), je la lui lançais par-dessus mon épaule, avant de m'éloigner. Soudain, j'entendis le vieil Enutrof m'appeler. Je me retournais et lorsqu'il arriva devant moi, il me tendit la bouteille brisée, et une patate.
"- Par Dave et John !! Comment as-tu su ?!
- Comment j'ai su quoi ?
- Tu comptes me faire avaler une méduse pareille ?! Pourquoi la bouteille que tu m'as donné contenait-elle une patate ?!?
- QUOI ?!?"
En effet, la patate était imbibée de rhum.
"- Cet Ecaflip aurait... Mais comment aurait-il deviné que...
- Un Ecaflip ?! J'connais qu'un seul Ecaflip qui ait pu deviné pour cette histoire de patate et de rhum !! Amos Trask, mon vieux cap'tain de l'époque. Où est-il !?
- Mouarf... Mais comment voulez-vous que je le sâche ?! Il est sans doute reparti en mer votre "cap'tain", comme vous dites...
- Je pense pas, jeunot... Quand le p'tit Trask fait quelque chose, c'est pas pour rien.
- C'est ça... Bon courage pour le retrouver..."
Je m'éloignais quand je m'aperçu que quelque chose me manquait: Le blason de L'Ordre qui ornait ma tunique avait disparu !!
"- Tu as perdu quelque chose moussaillon ?!
- Rendez-moi le blason, Fannon...
- Bien sûr... Mais maintenant, j'te lâche plus cap'tain !!
- Comme si j'avais besoin d'un vieux crabe cleptomane...
- D'abord, chuis pas vieux, chuis agé !! Et ensuite, tu crois que j'ai besoin d'un nain déguisé en paquet cadeau ?!"
Nous nous fixâmes un moment, échangeant un regard haineux... Un regard qui devint peu à peu plus doux. Regard de mépris, puis de défi... Puis, finalement, un sourire se dessina derrière sa barbe, et derrière mes bandelettes. Un sourire, puis un rire, puis un fou rire... Nous terminâmes la soirée à la taverne, l'un noyé dans le rhum, et l'autre ivre d'absinthe.
A SUIVRE...
(Bon... il reste une troisième partie, mais après relecture, je trouve qu'elle mérite d'être retravaillée... Donc, ben... a suivre... ^^")
_________________
"Ab uno disce omnes..."Et qu'un seul vous apprenne à les connaître tous...
"Vous vous levez un matin, la peinture pèle, les rideaux ont dégagé, l'eau est bouillante !
Quel problème vous traitez en premier ?
Aucun des trois, la maison est en flammes !!"